La stérilité est un sujet qui me touche vraiment beaucoup.
Non pas que j’ai eu des problèmes de conception
de mon côté, bien au contraire, Jules s’est installé au creux de moi dès le premier cycle d’essai (à vrai dire il s’est installé en moi plus précisément LE
jour ou zhom et moi avions décidé d’être parents !) et pour bb2 l’attente a été un peu plus longue mais néanmoins très rapide : Dès le second
cycle.
Mais dans mon entourage et aussi ici sur les blogs, on constate que la stérilité est un véritable problème et est, malheureusement, loin d’être
rare.
Alors mon post du jour ne va pas être spécialement gai (et pourtant je ne suis pas de mauvaise humeur) mais un post dont le thème est la stérilité ne peut de toute manière pas être
gai…
Je voulais vous raconter l’histoire d’une ancienne collègue à moi (que nous appellerons F.) à qui je pense très souvent malgré qu’on ne soit pas resté en contact. Quand je l’ai connu elle avait 33 ans je crois et essayait déjà d’être maman depuis 2 ans. Elle n’a aucun problème, c’est son mari qui a un souci avec ses zozos, rien de bien grave, ils peuvent être parents naturellement mais les chances sont extrêmement rares, mais par FIV ils ont toute leur chance. Quand je l’ai connu ils entamaient donc les procédures de Fécondation In Vitro.
La première n’a pas fonctionné mais elle a gardé le moral. Après tout il y’a peu de chance que le premier round soit le bon comme on dit ! Puis à la seconde FIV qui n’a pas fonctionné la chute était un peu plus rude quand même.
Quelques mois après elle est
tombée enceinte, naturellement. Malheureusement quelques jours à peine après avoir vu les deux barres roses sur le test de grossesse elle a faite une fausse
couche.
Encore une fois je l’admire car sa fausse couche, même si elle a du être dure, ne lui a pas casser le moral, bien au contraire. C’était un
espoir supplémentaire car cela signifiait pour elle que ça POUVAIT marcher naturellement. Donc elle y croyait dur comme fer. Je pense qu’une FC
suite à une FIV aurait été plus difficile à encaisser pour elle.
Et puis entre temps j’ai démissionné et changé d’entreprise. Je ne suis pas resté en contact avec elle car on était pas très proche mais je suis resté en contact avec une autre de mes collègue (que nous appelleront M.) qui elle, est toujours très proche de F. Comme il m’arrive de déjeuner avec M. de temps en temps (mais rarement) je lui demande toujours des nouvelles de F. et notamment de ce projet bb qui lui tient tant à cœur.
Il y’a un an et demi environ M. m’annonçait la 3ème FIV qui n’avait pas abouti. Et la je l’ai revu il y’a quelques semaine. On déjeune, on papote, et tout d’un coup je lui demande « Tiens, comment va F ? Elle a son bébé finalement? » J’espère entendre un oui et M. me raconte…
Après une quatrième FIV toujours sans succès, F. se donne beaucoup à son travail. Et puis au bout de quelques mois elle s’inquiète car elle ne sent pas bien du tout et a d’étrange sensations/douleur dans le bas ventre. Elle va consulter son traitant (qui connaît son historique) il ne lui dit rien de plus mais l’envoi consulter son gynécologue en urgence pour une échographie. F. s’imagine déjà le pire. Elle se dit que ça y’est maintenant c’est chez elle que les choses ne tournent pas rond non plus…
Le gynéco la reçoit dans la journée, alerté par
le traitant. Il l’examine, fait une échographie et la nouvelle tombe « Madame, vous êtes enceinte de 6 mois !!! »
F. n’en revient pas, elle est folle de joie, son ami aussi. Le week end même ils annoncent la nouvelle à M. bouteille de champ à l’appui ! ENFIN ils y sont
arrivés ! Et naturellement en plus ! Leur rêve va enfin devenir réalité. F. doit encore subir toute une batterie d’examens car vu le stade avancé de la grossesse elle
n’a pu faire ni clarté nucale ni marqueur sérique ni rien. Mais elle est confiante, maintenant qu’elle « SAIT » elle sent la présence du bébé, sent la vie
qu’elle porte en elle. Et puis la roue tourne, maintenant c’est à leur tour d’être heureux.
Mais le bonheur ne durera pas longtemps et se transformera bien vite en cauchemar. Après deux semaines d’examens en tous genre, tous plus mauvais les uns que les autres, la verdict tombe : Le fœtus souffre de plusieurs malformations, externe et interne et notamment au niveau du cervelet et du coeur. Les médecins sont formels, il n’est pas viable en dehors de l’utérus à moins d’être opéré du coeur dès la naissance. Et si l’opération lui donnerait une chance de vivre, l’état de son cerveau le laisserait au stade d’un « légume » il ne pourrait jamais parler, ni marcher, ni rien, pas même manger ou respirer seul, il survivrait uniquement sous sonde…
A presque 7 mois de grossesse F. doit donc accoucher. Enfin. Mais c’est un accouchement thérapeutique, elle n’entendra pas son bébé pleurer, ne le serrera pas contre elle, ne verra pas son visage. Elle aurait pu mais n’a pas voulu. Elle n’a pas voulu connaître son sexe non plus et je n’ose même pas imaginer dans quel état elle s’est trouvé ce jour là.
Et voilà, à l’aube de ses 38 ans, après presque 8 ans d’essais acharnés elle doit vivre avec cette histoire terrible et toujours et encore ce mal d’enfant…
Et là on se dit que vraiment ce n’est pas juste, d’autant plus que dans son cas, l’horloge biologique n’est plus en sa faveur non plus !
Et des F. je sais qu’il y’en a des tas, certaines qu’on connaît seulement de vue, qu’on croise dans la rue quand on marche, au supermarché quand on fait nos courses, dans la vie de tous les jours…
Heureusement de nos jours la médecine fait que 85% des cas de stérilités peuvent être résolu, par des traitements ou des procédures. Mais même là l’attente est si longue…
Alors voilà, un petit hommage à ma collègue F. a qui je pense bien souvent sans qu’elle le sache, plus particulièrement à l’approche des fêtes ou les magasins débordent de jouets pour enfant en tout genre et ou on doit se sentir bien seul quand on rêve depuis si longtemps de ne plus être seul le matin de noël et de voir nos enfants se précipiter sous le sapin pour y découvrir leur nombreux jouets...

